lundi 11 juin 2012

American Psycho

Adapté du best-seller de Bret Easton Ellis, le film American Psycho, nous plonge dans l'artificialité de l'argent roi des années '80 à New York. A ce rythme, rien n'est trop beau ni assez cher pour le golden boy Patrick Bateman qui, sous ses airs de jeune cadre dynamique le jour, se révèle être un véritable psychopathe sanguinaire la nuit.

A sa sortie en 1991, le livre de Bret Easton Ellis a quelque peu bouleversé la prude Amérique par son caractère violent et pornographique. Ellis est considéré comme un auteur d'anticipation sociale voire de nihiliste. Sans exagérer ou tomber dans la caricature, on pourrait comparer son œuvre à un steak tartare ; cru et froid mais bien relevé. L'histoire, écrite à la première personne du singulier, relate la vie d'un jeune golden boy de Wall Street. Les faits se passent en 1987 peu de temps avant le crack boursier d'octobre 87 qui a vu alors le Dow Jones perdre plus de 22% en une séance. Une baisse vertigineuse que la Bourse américaine n'avait pas connu depuis le crack de 1929. Le protagoniste principal de ce livre est donc le yuppie type (Young Urban Professional - jeune cadre dynamique de l'époque) complètement blasé de la vie et qui ne trouve que son salut dans ses nuits sanglantes et meurtrières de psychopathe. Cette décennie des années 80 est sans doute celle qui a marqué l'avènement de l'argent-roi et qui a fini d'ériger les places financières en nouveaux milieux de décision de la gouvernance mondiale.

Dix ans après la sortie du livre, l'adaptation cinématographique est plutôt réussie et colle au style littéraire de Bret Easton Ellis. Un style épuré, direct et impactant. Porté à l'écran par Christian Bale (Batman The Dark Knight), le personnage de Patrick Bateman est à la fois impulsif et glacial. Le film met bien en avant l'importance des restaurants comme endroits où il faut être vu. Dans une ville comme New York, plus internationale qu'américaine, les restaurants gastronomiques représentent alors le must de la consommation de bon goût. Ils sont les véritables théâtres d'identification pour une catégorie sociale toujours plus demandeuse. Tout au long du film, les protagonistes comparent leur dîners, les restaurants qu'ils fréquentent, les endroits où il fait bon aller et ceux qu'il vaut mieux éviter. L'intérêt pour la cuisine existe-t-il vraiment ou s'agit-il simplement d'un moyen de justifier sa condition ? La première scène du film est révélatrice mais aussi caricaturale du côté artificiel des restaurants chics new yorkais des années '80.





Un peu plus loin dans le film, Patrick Bateman, amène sa maîtresse au restaurant. Cette dernière sous l'emprise de drogues pense être dans le célèbre restaurant Dorsia, celui-là où il est impossible d'obtenir une table. La jeune femme est invitée dans un tout autre restaurant. Bien que les drogues doivent faire leur effet, aurait-elle été vraiment capable de faire la différence tellement tous ces restaurants se ressemblent. Le livre de Bret Easton Ellis rend mieux compte de cette ressemblance entre les restaurants avec ses descriptions à rallonge qui reviennent de façon récurrente. 

 

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