Et voici un petit film japonais tout droit sorti de derrière les fagots. Tampopo est l'histoire de l'ascension culinaire d'une jeune veuve dans son restaurant de Ramen, un plat traditionnel nippon à base de bouillon et de nouilles.
Sorti en 1987, ce film est quelque peu caricatural et présente une image décalée du Japon des années '80. Loin des clichés traditionalistes classiques que l'on peut avoir des habitants de l'archipel, ce film met en avant le rapport des japonais avec un plat traditionnel : le ramen. Ce plat a été introduit au Japon par les migrants chinois et il est considéré aujourd'hui comme un plat traditionnel japonais.
C'est un plat que l'on consomme aussi couramment en Occident et plus particulièrement aux États-Unis. Il s'agit des soupes instantanées à base de nouilles que l'on retrouve dans les commerces asiatiques. Consistant et nourrissant, la composition chimique de ces instantanées peut se révéler effrayante. Ces préparations ont l'avantage d'être peu couteuse et rapide à préparer, plus de 65 milliards en auraient été vendu en 2010.
Dans Tampopo, on est loin de la préparation instantanée. Technique et maîtrise des rites culinaires et protocolaires sont les clés du succès. Faisant face à la mort de son mari, une jeune mère de famille doit faire tourner son restaurant mais la tâche est difficile. Heureusement, elle voit un jour rentrer dans son restaurant Goro, routier aux allures de cow-boy et coiffé du chapeau de Crocodile Dundee. Goro va lui venir en aide en mobilisant ses relations et en soutenant la jeune veuve. Grâce à un travail de longue haleine et de nombreuses expériences, elle atteint la perfection et transforme son restaurant en un véritable sanctuaire de la nouille.
Au delà de la caricature du chef cuisinier nippon ultra perfectionniste, on voit dans ce film un rapport particulier que le japonais entretiennent avec leurs prises alimentaires à l'extérieur du foyer. Le Ramen se présente comme une bonne collation prise par les travailleurs pour la pause déjeuner et les commuters tout juste sortis du train. Un mode de consommation au comptoir, face au cuisinier ou "comme à l'étable", tel que le définissait Paul Morand en 1937 dans un petit livre sur les capitales, en référence aux travailleurs new-yorkais assis côte à côte au bar pour le déjeuner.
Cette extrait est la première scène du film, il l'on voit un jeune profane accompagné un maître es Ramen. Ce dernier lui livre les secrets et les codes d'une bonne consommation. Bien que durant près de deux heures, le film se laisse bien regarder et prête même le plus souvent à sourire.
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